In-Between – Photographies complémentaires intéressantes

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In-Between – Repérage

La ville de Vitry-sur-Seine est constitué d’un tissu urbain très particulier.

En effet, celui-ci, principalement composé de logements pavillonnaires, de type grands ensembles et de zone d’activité semble s’être construit contre les principes historiques intrinsèques de l’urbanisme « naturel » de l’agglomération. En outre, nous pouvons observer qu’il n’y a aucune correspondance entre les typologies de bâtiments et la séparation administratives en quartier de la ville. La seule persistance réelle et visible de cette séparation se trouve dans la hiérarchie des voies : en outre, le système viaire de Vitry se composant d’infrastructures routières, de voie primaires, secondaires et tertiaires s’est maintenue malgré l’évolution architecturale et urbanistique. Cela provoque cependant un effet assez déroutant puisque l’on peut se trouver dans un quartier type pavillonnaire soudainement traversé par une grande voie qui n’a rien à voir avec le reste du tissu.

Cette évolution urbaine a notamment créer des « franges urbaines », des enclaves ou plus simplement des confrontations typologiques occasionnant des rapports de force architecturaux. En effet, il est très curieux lorsque d’une promenade d’observer qu’une maison fait soudainement face à une « barre », elle-même s’opposant à un parc urbain (n’était pas le parc de l’immeuble), qui lui se tourne vers une zone industrielle ou de déserte. De fait, un problème d’échelle, d’aspect, de typologie, d’ambiance relative au bâti se fait immédiatement sentir.

Face à ces différentes confrontations, un phénomène particulier se met en place : la création d’in-between (en anglais : d’entre-deux).

Ces lieux, espaces de relégations, d’oublis et de perdition ; lieux qu’on ne veut pas voir, lieux où l’on ne veut s’asseoir ou même se mouvoir, n’apparaissent que comme le produit dégénéré et inassumé d’un urbanisme imparfait.

Ces lieux sont repérables selon plusieurs critères :

  • 1) De par leur proportion ou leur géométrie, ces espaces apparaissent comme résiduels voire inutilisables
  • 2) Ces espaces semblent à première vue comme sans qualités, sans fonctions particulières. Ils apparaissent à notre vue que comme un vide étrange, lieux de rencontres suspectes.
  • 3) Ces espaces ne sont souvent moins entretenus et parfois caché de la vue de tous
  • 4) Ces lieux semblent être régis par leur logique propre, leur propre matérialité, leur propre ambiance ou par un usage « bâtard ».

Face à ces critères et suite à un arpentage de la ville, il fut possible de déterminer trois types d’in-between :

  • 1) Les in-betweens inter-typologiques : les plus fréquents et les plus remarquables : ce sont ceux issus des différences typologiques
  • 2) les in-betweens intra-typologiques : plus rares, ce sont ceux présent au sein d’une même typologie, manifestement après un remodelage urbanistique et/ou architectural
  • 3) les in-betweens particuliers : ces derniers sont spécifiques à un contexte donné. C’est une sous-branches des intra-typologiques : ils sont créés au sein d’une typologique mais se mettent en confrontation avec une typologie adjacente différente ou avec une situation particulière.

Face à ces qualifications, un certain nombre d’in-betweens purent être identifiés dans la ville de Vitry-sur-Seine (notamment des inter-typologiques).

La question qui se pose alors est la suivante : Bien qu’actuellement relégués, ces différents lieux sont-ils sans qualité ? N’est-il pas possible de leur redonner une fonction, un usage ou tout du moins un attrait ? Ce faisant, comment réaliser ces modifications ?es lieux ne peuvent être-ils pas porteur de valeurs différentes de leur environnement ? ( valeurs réunificatrice et sociales, valeurs artistiques, valeur scientifique…)

Il est intéressant de constater que la Ville elle-même à tentée de répondre à ses questions, de façon tant officielle qu’officieuse. Ces réponses elles-mêmes sont de trois natures :

  • 1) La réponse naturelle : La réponse la plus facile portée par la Ville semble être la création d’espace vert ou tout du moins la végétalisation de ces lieux dans le but de leur apporter au moins une valeur naturelle. Cette réponse est bien souvent peu efficace car insuffisante
  • 2) La réponse d’usage : Une autre réponse donnée par la Ville semble être la création d’usages, malheureusement bien souvent peu enviables et n’apportant pas de cachet au lieu (sortie de gaines, entrée secondaire de bâtiments, lieu d’apposition de poubelles, d’un poteaux informatifs… Dans certains cas, ce sont d’ailleurs ces usages qui sont à l’origine de la création de ces in-betweens. Ces réponses produisent souvent l’effet inverse souhaité et ne font que mettre en exergue un mal-aise.
  • 3) La réponse artistique : Cette dernière réponse, de bien loin la plus probante et efficace, consiste à introduire des « évènements » artistiques ( éléments de street-art, peintures murales, statues…) pour remédier au problème. L’avantage de cette réponse est que les vides étranges des in-betweens apparemment sans qualités deviennent immédiatement des vides contemplatifs de l’oeuvre, sans aucune réelle modification de l’espace en soi.

De ces différentes observations, le but est alors de proposer la création d’une revalorisation de trois in-betweens (un de chaque catégorie) à l’aide de l’air pour en refaire des lieux de qualités, porteurs de valeurs sociales et unificatrices dans un contexte urbain extrêmement sclérosé.

 

In-Between – Repérage